Rodez et sa cathédrale

Un vaisseau de pierre dominant la campagne aveyronnaise à plus de 20 km alentour

Pour le visiteur, Rodez c'est d'abord la cathédrale Notre Dame qui impose sa stature impressionnante à la ville (longueur 102 m pour 37 m de large) et aux campagnes alentours avec son extraordinaire clocher gothique flamboyant de plus de 87 m. Le spectacle de nuit est encore plus grandiose avec ses superbes illuminations.


Rodez : la cathédrale, au dernier plan, à gauche : le clocher (vue de la place d'armes)

L'ancienne capitale du pays Rutène fut christianisée à partir du IV et Vème siécle et les premières traces de la cathédrale de Rodez remontent à l'époque de l'évêque saint Dalmas, vers 516. Il semble cependant que l'ensemble de l'édifice fut reconstruit vers l'an mil. De cette époque, il ne reste hélas que peu de vertiges (essentiellement lors de fouilles) car l'effondrement du clocher de la cathédrale romane en 1276 entraîna une totale reconstruction de celle-ci qui durera plus de trois siècles.

La première pierre de la cathédrale actuelle fut posée en 1277 par l'évêque Raymond de Calmont. Cependant, la guerre de Cent Ans, puis les épidémies et notamment la peste noire de 1348 ainsi que diverses querelles au sein du diocèse provoquèrent une longue interruption de ce monumental chantier.

A la fin du XIVème siècle, un clocher purement défensif fut érigé, couronné d'une flèche de bois. Au XVème siècle, les travaux furent repris de plus belle avec l'achèvement du coeur et de sa voûte, puis le lancement de la construction du transept et des premières travées de la nef.

Pour l'accomplissement de ces travaux, les plus grands artistes de l'époque furent sollicités dont le sculteur bourguignon Jacques Morel. Ceci explique l'origine de ce nouveau style médiéval qualifié de flamboyant à Rodez.

Au XVIème siècle, François d'Estaing et Georges d'Armagnac donnèrent un nouvel élan à la construction de la cathédrale. Après l'incendie du clocher en 1510, sa reconstruction telle qu'elle existe aujourd'hui, fut entreprise par une centaine de tailleurs de pierre, sous la direction d'Antoine Salvan. L'achèvement du clocher et de la cathédrale intervinrent vers 1531.

Bien qu'achevée depuis le début du XVIème siècle, les travaux d'entretien et de réparation ne cessent de ce succéder au fil des décennies.

En effet, en dépit de son apparence robustesse, ce superbe vaisseau de pierre n'en demeure pas moins fragile. Subissant au fil des temps les terribles intempéries et varisation de températures du piton ruthénois, sans compter les effets de la polution, ses pierres de grés rose et son calcaire, ses nombreuses gargouilles, chimères et autres statues subissent une inexorable érosion. Ce qui entraîne d'incessants et longs travaux de restauration au fil des ans..

Mais que ne feraient pas les ruthénois pour assurer la perénité du plus beau symbôle de leur cité ? Preuve de cet attachement, pour marquer le début du XXIème siècle, la ville de Rodez a souhaité mieux mettre en valeur ce joyau, alliant art roman et gothique flamboyant, en mettant en scène un nouvel éclairage qui lui rend toute sa grandeur.

Le clocher de la cathédrale (XVI siècle)
 

Une partie des remparts de la cité et la tour Corbières, à côté de la cathédrale

Le clocher de Rodez (bd d'Estourmel)
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